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Arrivée à Ningbo
Si cela vous intéresse, je vous emmène suivre mes pérégrinations
en Chine !!!
11 heures d‘avion, 270 personnes qui se lèvent, s’assoient, parlent, regardent un film, hôtesses qui vont et viennent, beauté et amabilité sur un plateau, repas…sur un plateau aussi, à des heures
incongrues (petit déjeuner à une heure du matin heure française), la progression de notre voyage sur un écran individuel, Allemagne, Russie , les pays où il fait nuit …il est temps que j’arrive,
d’autant que le Vol Paris-Shanghaï est composé de 250 chinois, peu soucieux du confort des autres ! C’est DEJA, le choc des cultures !!!
Shanghaï vue d’avion : une mégapole au bord d’une mer grise, boueuse, c’est le delta du Yan Tsé, (on ne l’appelle pas le fleuve jaune pour rien !).
De nombreux cargos paraissent posés là, comme pour jouer à la bataille navale !
Descente pour l’atterrissage, je reste subjuguée par la stabilité de ces « gros navions », leur capacité et leur freinage à 190 kms/h presque instantané !!!
Me voilà en Chine, alors « Ni ha o (2) les Arzewiens ! A moi ce bout du monde, la découverte d’une autre culture, d’une autre manière de vivre !
Aéroport immense ; on aime bien l’uniforme dans ce pays… et il y en a ! Je donne mon passeport …presque vierge, c’est mon premier voyage qui le nécessite, consciencieusement feuilleté ! Je suis
sur la pointe des pieds, le comptoir sous le menton …j’ai déjà l’air suspect !!! On sourit peu aussi … faut dire qu’à la douane, ce ne sont pas des comiques !
A la sortie, je respire à pleins poumons, cet air du bout du monde, et je cherche …la direction de Port aux Poules …ce qui fait bien rire ma fille !!!
Ningbo ! Ville de 5 millions d’habitants, 20 minutes de taxi, j’ai échappé à deux collisions, un accrochage de vélos, des queues de poissons toutes les deux minutes, je respire à peine, le ventre
crispé, et je me demande qu’est-ce que je fais là, entre le regard impavide et bridé du chauffeur, et le sourire de ma fille, habituée à ce sport national ! Quoique !!!
Centre ville, résidence, gardiens galonnés à l’entrée, et moi je dis bonjour aux galonnés, qui n’en ont rien à cirer, avec le regard curieux et énigmatique ! Je me promets qu’à la fin de ce
séjour, j’arriverais à leur faire décrocher la mâchoire d’un centimètre, moi qui dirais bonjour à une porte !!! C’est qu’on ne dit PAS bonjour aux gens qu’on ne connaît pas … et on ne sourit pas
bêtement non plus en Chiiine !!! Voilà la réponse !!!
De toutes les façons, je donnerai un empire pour un lit, alors, je n’ai plus d’état d’âme du tout, mais plus
du tout ! Demain sera un autre jour !
Ce qui me frappe le plus dans ce pays, à première vue, c’est la végétation luxuriante (chaud et humide, pardi !) les odeurs de nourriture presque partout, la jeunesse dominante de cette
population, même si parfois leur donner un âge reste aléatoire, la pléthore de personnel, et cette Chine moderne, téléphone à l’oreille, à 30 mètres de la Chine médiévale, où l’on jette encore,
pot de chambre en main, l’urine dans la rue …que je vous raconterai demain ! Zai jian !!!(3)
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Virée à la campagne : Le Temple
J’avais très envie de voir la
campagne, les champs de thé, les rizières, la végétation, les fleurs …
Quittant la proche banlieue rectiligne, sans charme, plutôt industrielle, nous arrivons près d’un lac assez grand où l’eau est lisse, sans une ride. Aux alentours, des montagnes qui ressemblent au Siam, au Cambodge, en moins luxuriant, où les forêts de bambous voisinent avec des pins maritimes.
Quelques petits nuages semblent s’amuser dans le ciel bleu, lui donnant un air rieur, primesautier !
La luminosité est douce, et par moments quand les nuages passent, on pourrait penser qu’ils assombrissent les arbres. Mais pas du tout, et pourtant les bambous paraissent plus clairs ! En réalité, ils captent la lumière et ondulent gracieusement comme s’ils faisaient la « ola » dans un doux bruissement de feuilles !
Un long chemin pavé nous conduit vers un Temple à demi caché par la végétation. Quelques toits émergent de leurs tuiles très
serrées, d’un gris noir, toits terminés en pointe vers le haut et prolongés de dragons.
Les marchands du temple sont là aussi, pour vendre des baguettes d’encens pour quelques yuans, comme dans n’importe quel lieu de culte, où qu’il soit dans le monde.
L’édifice, majestueux s’étale en espaliers successifs, en cours intérieures, en galeries, en jardins, en salles de lecture, de travail, en longs escaliers qui n’en finissent plus de grimper. De grandes salles monacales abritent les statues des divinités, représentées par cinq, ainsi que la déesse de la fécondité.
Des dorures et des couleurs chatoyantes, des petits personnages étranges qui ressemblent davantage à ceux de l’Enfer de Dante qu’aux « poutis » de la Renaissance italienne.
Une communauté de moines bouddhistes y habite encore. Leurs toges jaunes safran épousent la couleur des murs en duo avec la couleur bordeaux- prune des pilastres et des lourdes portes qui sentent le séculaire respecté.
Une source coule, à peine un filet d’eau … paraît-il bénéfique ! Méfiante, je n’ose ! Le silence règne en ces lieux,
et là … plongée dans cette civilisation, en regardant Bouddha de stature monumentale qui n’existe pas dans le christianisme, c’est notre propre culte qui s’interpose …doucement, en se calquant
sur la leur ! C’est une étrange sensation !
Le recueillement s’impose, simple et silencieux, même si, parfois les rites nous surprennent comme : se tourner vers les trois points cardinaux, en s’inclinant, ou avancer les baguettes d’encens bras tendus en avant, puis derrière la tête ! Tout cela doit avoir une signification qui m’échappe, et je ne peux en savoir davantage, « barrière de la langue empêche ! » … mais là, dans cet endroit, malgré moi, mon esprit s’évade vers André, comme un appel, pour partager avec lui, cette douce lumière et ce silence du bout du monde ! L’osmose est magique, palpable en regardant ces montagnes nimbées de mauve … comme un cercle … un espace hors du temps !
Mais …pour ceux qui me lisent gentiment, je ne terminerai guère sur un moment mélancolique, mais plutôt par l’espièglerie !
Je m’était promis d’en faire sourire quelques uns, au moins … d’un centimètre ? J’ai attaqué par un bonze (tant qu’à faire !) et de plus, avec un sourire tout ce qu’il y a de plus franc et spontané !!! LA PHOTO DU SEJOUR !!! ... et si je n’en fais rire qu’un …ce sera celui-là !!!
Donnant-donnant, nous avons bu un peu d’eau de la source !!!
Sur la Place Tian an Men, la semaine prochaine, je ne pense pas, Oh non ! Réussir ce même exploit !
Ah-ça-c’est-sûr, Ah-ça-c’est-sûr !!!
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La mode ! Joli sujet pour tous !
Le pantalon est roi en Chine, le jean particulièrement chez les jeunes, au masculin comme au féminin. La majorité est plutôt habillée « sport », sport tout venant ! Sauf tout ce qui est « service ! »
Banque : tous et toutes au guichet : chemise blanche et jupe et ou pantalon bleu -marine.
Tout ce qui est surveillance : Bleu ciel et galons. Gardiens devant les banques, les hôtels, les rues (on garde le rues), les agences de change, les résidences (toute résidence a obligatoirement un gardien ou plusieurs !) uniformes kakis casquette ou calot galonnés de rouge ; jardiniers et personnel d’entretien, balayeurs et balayeuses, en vert ! Ces derniers balaient les rues toute la journée ! Où que l’on aille, à toutes heures de la journée, on balaye !!! Donc plutôt des salopettes vertes. Les balais sont faits de branches de bambou séchées.
Les femmes de trente à cinquante ans portent pantalons de toile. Les chemisiers sont plutôt des vareuses avec manches et …pas de col Mao !!! Peu de décolletés, les bras sont couverts ; les toutes jeunes filles osent les bras nus, mais pas de décolletés ! Faut dire qu’il n’y a pas grand-chose à mettre dedans, non plus !!!
Alors, arrive sur le marché de la lingerie, des soutifs rembourrés, où les seins sont en lévitation !!! Dans des couleurs et des dentelles très french-cancan !
Quelques jupes ! Ah ! Les jupes ! Soit, elles sont droites, sévères, soit elles ressemblent à des rideaux Marie- Antoinette, bouffants avec dentelles époustouflantes !
Les vieilles dames sont systématiquement en pantalon et vareuses sombres, pas appétissantes pour deux sous.
Pas ou très peu de bijoux, des vrais ! Quelques colifichets chez les jeunes filles. Pas d’alliance, pas de bagues, pas de maquillage non plus ! Leurs cils sont courts, les paupières tombantes sur les yeux, où voulez-vous appliquer du maquillage ??? On se rattrape sur les sourcils, soigneusement dessinés.
Pas de rouge à lèvres, sauf si une démonstration de Lancôme, dans la rue, sur une place, vous invite gentiment à participer.
Les cheveux : dans ce pays, on a les cheveux raides et noirs ; de vraies baguettes de tambour ! Aussi, quand il y a une frisure châtain ou blonde qui passe, elle est bien regardée !
Elles tentent donc de colorer et de friser leurs cheveux, ce qui donne des résultats surprenants, dignes des premières permanentes de 1950, rouge carotte !
Cependant, les femmes se protègent bien du soleil et circulent une ombrelle à la main, car le must du must, c’est d’avoir l’air d’une endive sortie tout droit de la cave ! Avoir la peau brune voudrait dire que vous êtes une paysanne qui travaille dans les champs !
Je sens que je vais acheter une ombrelle, des plus ravissantes, brodée et fanfreluchée, pour me promener sur la plage l’été prochain ! Je vais faire un effet bœuf !!!
Les hommes « font » très juvéniles, et s’habillent le plus banalement du monde ! Même celui qui descend d’une BMW, n’a aucune classe vestimentaire, mais des exceptions se rencontrent aussi, comme ce jeune, côtoyé à la banque, tout en noir avec collier d’ambre, sur une grosse chaîne clinquante, trois ou quatre boucles d’oreilles, bagues jusqu’au pouce, ceinture cloutée… j’ai eu du mal à le définir : Bobo en goguette ? Gothique ? Skined assagi ? Peut-être un peu des trois ! Détonnant mélange qui dépeint quelque part, cette Chine en complète mutation !
Ce texte est envoyé par AX et placé le 27/06/2007
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LA BIBLIOTHEQUE DE NINGBO
Haut lieu de la culture chinoise,
c’et la bibliothèque privée - la plus ancienne - de- CHINE, je dis bien
de Chine, transformée en Musée !
De l’extérieur, juste où coule un canal bien aménagé, elle ne paye pas de mine, mais une fois à l’intérieur, on retrouve ce raffinement propre à ce pays.
Un mur en bois d’acajou, barre l’entrée …toujours pour chasser les mauvais esprits ! On passe par deux petits côtés qui donnent sur une cour avec un bassin de nénuphars et poissons rouges de taille ! Des bestiaux bons à mettre au four !!!
Et l’on débouche sur des panneaux de bois ajourés, comme de dentelle brune, laissant filtrer l’air et le jour. Des salles et encore des salles remplies de parchemins ouverts, tenus par des sortes de magnifiques lingots en bois laqué noir avec des inscriptions or.
Bien entendu tout est sous cloche, même les tables de pierre, genre tables de la loi biblique le sont aussi, probablement retrouvés lors de fouilles archéologiques.
Partout, est répété l’hommage aux familles de conservateurs qui se sont battus pour que l’on préserve et maintienne en état tous ces témoignages, malgré l’ébullition de l’Histoire. Leurs portraits sont sculptés dans du granit.
Dans l’évolution du temps, les quatre derniers …portent des lunettes rondes façon « Professeur Tournesol » ! Faut dire que cette minutieuse écriture, merveilleuse de légèreté et de finesse devait demander une concentration
oculaire importante ! (Heureusement, on ne devait pas comptabiliser, ni les heures, ni les migraines !!!)
Sorties d’une salle, on passe invariablement dans une cour, ou un jardin, une allée de pierres lisses, ombragée ou un plan d’eau. Et ces différentes salles sont toujours de plein pied, pas d’étage à monter.
Les arbres, les massifs foisonnants sont taillés au cordeau ! Rien ne dépasse, rien ne traîne, pas de mauvaises herbes, pas de papiers. Peu de fleurs, mais un nuancier de vert, à faire pâlir la palette d’un peintre !
D’une salle à l’autre, nous arrivons dans une cour où trône une énorme loge ! Loge de cour impériale ou estrade ouvragée où se produisait des artistes ou des conteurs, des comédiens peut être ! Le tout dans une explosion de rouge, d’or et d’acajou peint ou laqué !
Installé là-dedans, on devait se sentir important ! Le mandarin, sa suite, les concubines les enfants et les servantes les scribes et les sous scribes, toute la hiérarchie en costume d’apparat …bonjour le travail des cuisiniers pour nourrir toute cette tribu !!!
Puis une cour entourée de paravents fixes sculptés, où l’on tombe nez à nez avec une scène de la vie courante : trois joueurs de Mah jong, en bronze, plus vrais que nature ! J’en aurai caressé la barbichette de l’un d’eux !
Le mah jong est un jeu national, sorte de dominos échecs assez compliqué ; tellement national que dans les parcs, des messieurs y jouent, comme nous à la pétanque ! Et puis, ça y va aussi de la voix !
Dans la même cour, trône une jonque sur cale, magnifique, patinée à souhait, couleur miel, qui me fait rêver d’une longue promenade sur des eaux calmes, vert jade, genre Baie d’Halong …et Sean Connery qui me prendrait par la main pour échapper aux méchants chinois qui me poursuivraient ? Le Sean Connery des années quatre vingt bien sûr ! Aujourd’hui, le temps d’armer son harpon, et on est mort tous les deux !!!
Mais le fin du fin, c’est un palanquin que nous avons cherché longtemps, tellement les salles sont nombreuses ; une merveille de chaise à porteur qui demandait six hommes pour la soulever. Prison dorée, dans les deux sens du terme, sculptée, décorée de rouge et or où l’on installait la mariée, fardée, revêtue de lourds brocards, coiffée chignon et aiguilles à tricoter trois puls pendant la cérémonie qui devait durer longtemps !
S’il y avait des mariées heureuses dans ces époques tant mieux, mais ce palanquin me rappelait ce merveilleux livre « Le palanquin des larmes » des années 75, d’un auteur chinoise, adolescente mariée sans son consentement sous fond de révolution !
Le faste est très facile à imaginer et sur le reste de la promenade dans le temps, il me plaît à imaginer cette cour bruyante et colorée, pleine d’enfants aussi, lesquels les plus espiègles à échapper à leur nourrice.
Dehors, nous sommes de nouveau happées par les vélos, et nous nous arrêtons manger une galette à l’oignon tendre et je ne sais quoi d’autre d’indéfinissable, chez la petite marchande ambulante qui pétrit au fur et à mesure de la demande. Très bonne d’ailleurs cette galette, mais bonjour l’haleine de cowboy !!! Ultra-brite fera le reste ! La civilisation reprend ses droits sur les larges trottoirs des avenues.
Demain Pékin, je tâcherai de raconter quelques succulences !!!
Textes envoyé par AX depuis la chine et placé le 11/07/2OO7
Ci-dessous... lien vers la suite de son séjour extraordinaire
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