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Il est tard, tout est calme en cette nuit du 24 Décembre ! La neige tombe à petits flocons sur la ville. Tout est feutré, comme dans du coton, comme dans une bulle ! Dans la tiédeur du fournil, en sous-sol de la boulangerie, Julien s'affaire près du pétrin, mélangeant farine et eau, pendant que le levain gonfle tout doucement. Tout près, une grande corbeille pleine de cerneaux de noix qu'il rajoutera pour faire son pain ardéchois, connu et apprécié de ses clients.
Tout à coup, sans le moindre bruit, une
paire de bottes se dessinent dans le soupirail ! Puis les bottes reculent, laissant apercevoir la frêle silhouette d'un vieil
homme.
" Mais c'est Gaspar ! " Il lui fait signe de faire le tour pour descendre dans le fournil. Un sourire éclaire le visage émacié de Gaspar qui secoue son lourd manteau parsemé de neige.
" Que fais-tu là mon ami, par cette nuit froide, et de Noël de surcroît ? Tu est tout seul ce soir ?"
" Oui! Dit Gaspar, je suis seul ! Mes deux frères sont partis dans la famille pour les fêtes, et je tourne un peu en rond, comme un ours mal léché que je suis !"
Julien lui sourit et lui donne une tape vigoureuse sur l'épaule, invite affectueuse à rester auprès de lui.
"Heureusement qu'il y a encore les boulangers ! Travailleurs de la nuit ? Je prépare mon pain ardéchois dont tu me donneras des nouvelles quand tu l'auras goûté ! Ce soir particulièrement, je sens que je le réussirai comme jamais ! Quoi de neuf Gaspar ? Et ne me dis pas que tout est vieux, hein? Pas ce soir !"
" Tout irait bien,... enfin plus ou moins, si je ne parle pas de mes rhumatismes, mais ..."
" Mais quoi ? Allez dis ! Fais pas ton timide !"
" C'est que ... je n'ai pas de nouvelles de mon fils depuis de longs mois, tu sais bien, celui qui est parti en Amérique ... Daniel !"
"Je sais bien, il était au collège avec mon frère Lucas et moi ! Et ... depuis quand tu n'as pas de nouvelles ?"
" ça fait déjà plus deux ans !"
" Si je me souviens bien vous vous étiez un peu chamaillés tous les deux non ?"
" Oui je sais bien ! On a le sang chaud chez nous! Tous des cabochards !!!"
"Mais... tu lui avais écris il me semble ?"
" En effet, mais la lettre m'est revenue ! "N'habite pas à l'adresse indiquée" que disait le tampon rouge ! "
" Mais tu as déménagé entre temps ! Bah ! il finira bien par donner des nouvelles le petit ! l'Amérique c'est grand, il fait sa vie et n'a sûrement pas trop de temps non plus ?"
" Tout de même ! C'est dur ! Tu vois c'est Noël et je me souviens de celui où il a eu une voiture téléguidée, toute rouge avec des roues noires ! Les yeux de mon fils brillaient, brillaient tellement, que le sapin faisait grise mise à côté !"
Julien le regarde, pas apitoyé pour deux sous, ni condescendant non plus. Un peu vite pour chasser l'émotion, il l'invite à boire.
" Tiens ! tu vas me dire ce que tu en penses de cet eau de vie de poire ! C'est Juliette, ma femme qui l'a faite ! C'est une championne dans ce domaine !"
Assis sur deux vieux tabourets, ils discutent tout en sirotant leur eau de vie; ils parlent de tout et de rien, en phrases courtes, en regards effleurés ... le langage des timides: juste l'essentiel !
Puis, sur le pas de la porte, en se séparant, Julien l'invite à venir le lendemain, prendre un pain ardéchois :"Mon cadeau de Noël, vieux brigand !"
Il soupire cette fois, avec un sourire et un hochement de tête qui en dit long sur l'amitié qu'il porte à ce vieux bonhomme qui l'a presque vu naître !
C'est l'heure d'enfourner. Il somnole un peu en attendant la sonnerie de son minuteur et la mise en corbeille de ce pain qui fleure bon la pâte cuite, aux senteurs de noix qui lui rappelle l'automne pas si lointain.
Gaspar vint le lendemain: son pain était prêt, dans une poche de papier que lui tendit Juliette, le regard malicieux ! Elle y avait rajouté un croissant tout chaud ... et ...c'est en le sortant, arrivé chez lui, que Gaspar laiss a tomber une enveloppe kraft où Julien avait écrit :
Pardonne-moi, c'est arrivé hier, mais j'ai voulu être ton Père Noël cette année ! Daniel n'a pas ton adresse ... mais celle de la boulangerie oui ! !!!
Joyeux Noël grand-père !!!
Bordée d’immeubles cossus, aux façades du Second Empire, reliant l’église des Réformés au vieux port, elle est LE symbole de la Cité Phocéenne ! Toujours, pour les mêmes amoureux, elle est « Les Champs- Elysées de Marseille !
C’est aussi sur cette célèbre avenue que se déroula la première Foire aux Santons à Noël 1803, de toutes tailles, colorés et vivants, et de renommée nationale assez célèbre, répandue dans toutes les régions de France.
C’est aussi sur cette avenue que fût assassiné hélas, le roi Alexandre de Yougoslavie, un triste jour d’octobre 1934. Ce souverain venait renforcer l’amitié franco-yougoslave, face à la montée hitlérienne ! Peu de gens imaginaient que c’était le début de la barbarie qui allait commencer !
Elle s’appela Avenue du Dix-Août pendant la Révolution Française…. Et depuis, eh bien le tramway est arrivé récemment !
Si son luxe d’autrefois a disparu, elle reste l’un des symboles emblématiques de la ville … et quand dans certains feuilletons télévisés, on la voit, si belle, si majestueuse pleine de rêves des voyageurs et des touristes, des gens qui vivent au nord et si désireux de sentir ce mistral chantant et soufflant sur elle, ce bleu de Méditerranée et sa luminosité palpable … on ne risque pas de l’oublier !
« On connaît dans chaque hémisphère, notre cane cane cane canebière
Et partout elle est populaire, notre …
Elle part du vieux port et sans effort, elle exagère
Elle finit au bout de la terre,
Notre cane cane cane canebièèèère. » … On a raison d’être fière d’elle !!!

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S'il est un lieu qui a charmé mon cœur



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