Mélody:dame un beso Luz Casal

 .LES ANECDOTES.  

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__ 6 POEMES d'AX ¤¤¤¤¤¤¤¤ __   8 Anecdotes d'AX

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Oran 5 Juillet 1962... la déchirure
-- Un  texte d'AX

( Le cousin des Iles+Le mariage de+Le Bikini+La corrida+La demande en mariage )

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 Les feux de la Saint Jean

Chaque pays a ses coutumes, ressemblantes ou différentes d'une partie du monde à l'autre. Elles se perpétuent avec fidélité ...  jusqu'à nous, parfois sans bien connaître leurs origines ... pas plus que leur signification.
        C'est le cas des feux de la Saint Jean, le 24 Juin ... ou plus populairement chez nous LA FOUGUERA !!!
        Fouguéra vient du mot fuego, foc en valencien ... en fait c'était le mot Hoguera qui signifie bûcher,  modifié bien entendu par la transmission orale de chez nous, transmission orale et colorée de l'époque !!! Hoguera, foguera, fouguéra, qu'importait .... persone ne s'en souçait !
        Il correspondait à l'arrivée de l'été, du solstice ... mais vous pensez bien qu'à l'époque, on ne nous parlait pas plus du solstice d'été que le beurre en boîte !!! Il n'en demeure pas moins, que le soir d 23 Juin, ce feu, c'était quelque chose !!! C'était la magie d'un soir !!! je ne sais pas à la campagne,, mais en ville ...c'était l'émerveillement total !
        On en parlait beaucoup les jours précédant la date : "Tu viens à la Fouguéra? Tiens que je viens ! Pas toi ?"
        C'était un repère aussi : avant la Saint Jean ... une boutade "A la Saint Jean ou à la Saint Glinglin" !!! 
        Ce jour là, les jeunes gens entassaient du bois sec, branches mortes, bois de toutes sortes, juste à la croisée de quatre rues. MA fouguéra se déroulait à trente mètres de chez moi ! elle était impressionnante, et mes yeux d'enfant s'écarquillaient au fur et à mesure qu'elle grandissait !
        Le bûcher était en place dès le matin, et autour de lui, s'agitait un petit monde d'enfants qui faisaient la ronde, d'adolescents qui parlaient déjà des vacances proches , jeunes adultes ... et personne ne se serait avisé de toucher à cet amoncellement de bois !
        C'était une vrai fête, qui ne commençait qu'à la nuit tombée ...  surtout pas avant : Il fallait attendre la premmière étoile dans le ciel. On s'asseyait, les jambes en tailleur à même le bitume, peu soucieux du confort ... tout près ... (nous étions les gardiens du bûcher, avant de laisser les grands l'embraser) et nous attendions !
        Pendant ce temps, dans les cuisines, les femmes cuisaient des fèves moelleuses, fondantes, bien assaisonnées et servies toutes chaudes dans des cornets de fortune (papier d'épicerie, papier journal) ... et personne ne s'est jamais plaint d'avoir attrapé la moindre bactérie ou autre saleté !
        Là ... je vous prends par la main ... suivez-moi, la FETE commence !
        Dans un grand silence, le "désigné de l'année" enflamme du papier journal en forme de torche, et met le feu au bûcher, qui crépite doucement ... puis plus vite ... plus fort, les flammes qui s'élèvent vers le ciel dégagent une chaleur qui provoque un recul du public, de quelques mètres !
        Il fait chaud, ça chuchote, ça parle fort, ça s'interpelle ! Les quatre rues sont noires de monde et les commentaires vont bon train, en attendant le clou de la soirée :  Qui va sauter le premier par -dessus le feu ???
        Gilbert ? Nonnn ! ... il ne veut pas salir sa chemise blanche, ni lâcher Mickey son chien !
        Les autres jeunes gens s'arrangent pour devancer nos basketteurs du quartier (on ne va pas se faire voler la vedette par ces jeunes sportifs, pour qui cet espace enflammé est un jeu d'enfant !!!)
        "Allez Christian! A toi !!!" Christian, plutôt gringalet n'ose se lancer, mais l'orgueil et la bravoure ont des pouvoirs insoupçonnés !
        Danielle qui tiraille discrètement la chemisette de Jean-Pierre ... (qui sa se décider), avec l'air de dire :"Ne m'épate pas imbécile, c'est déjà fait ! Reste là !"
        Mais Jean Pierre se décolle lentement du mur, décontracté (enfin, c'est du moins l'impression qu'il donne!) façon Marlon Brando ... se dégage gentiment mais fermement ... et s'élance, passe par-dessus les flammes, comme un archange, sublime, fabuleusement agile ... j'ai une trouille bleue, moi ... et Danielle reste figée, le coeur en suspens, l'espace de quelques secondes interminables ! Après ? Après ... elle pleure !!! Ya pas de doute, c'était le meilleur ... et il le savait !
        Claude ne sautera pas cette année ! Faut dire que l'année dernière, il a raté son coup, s'est relevé avec le short enfumé, en s'enfuyant comme le marsupilami de Spirou ... ou le loup de Tex Avery, et qu'en plus, a failli prendre une gifle de sa mère affolée !!!
        Abdelkader, qui a rangé son carrico sa machine infernale, nous refait le coup du ... "Je me lance oui ou non ? Un pied en avant, l'autre pied ... non ! je renonce, j'ai les chocottes !" Sans aucun état d'âme, malgré nos bruyants encouragements, il se retire en hochant la tête !
        Venaient ... parfois, des garçons "d'ailleurs" pour se mesurer à ceux du quartier : la surenchère était intéressante : tout dans le regard : Incisif ou faussement dégagé, ou provocateur, mais cela valait tout un discours !
        Et les parents dans tout ça me direz-vous ? Ils restaient cois, fiers de leur progégéniture, les yeux brillants de plaisir et des flammes qui s'y reflétaient !
        Avec toutes les étoiles de leurs yeux, on aurait fu faire un feu d'artifice !
        Au matin, les dernières cendres étaient balayées, les quatre rues redevenaient elles-mêmes ... et pas un papier ne traînait ... because le "calbote" promis, si la consigne n'était pas respectée !!! Restait alors un grand cercle noir ... seul témoin de la Saint Jean, pendant encore quelques jours ... et les souvenirs et anecdotes qui rapelleront ces moments se raconteront encore et encore ... jusqu'à Noël !!!
        En ce temps-là le bonheur n'était pas dans le pré ! Habitués aux plaisirs simples du partage et de la convivialité, autour d'un immense feu de joie ... un cornet de fèves dans la main, il était à avec nous ...     
  IL ETAIT EN NOUS ce bonheur, bien au chaud jusqu'à la prochaine occasion de le laisser exploser une fois de plus !!!
 
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La victoire de Marcel Cerdan
 
1948 !!! Nous étions sortis de la guerre, les privations avaient pris fin, et nous préférions le goût du pain, aux gâteaux que les mamans cuisaient avec amour et application, un numéro-moule pour différencier le pain de chacune, quand le boulanger les retirait du four ! Elles avaienr repris goût à la cuisine, ces ménagères de moins de 50 ans ... et les autres !!! Je revois encore ce geste final, quand maman appuyait délicatement le numéro en métal sur la pâte bien ronde !
        Cette odeur qui envahissait la maison, c'était presque l'opulence ! L'opulence des odeurs retrouvées !   
Restrictions encore, oui : Le lait par exemple, le beurre. Le goûter se composait de tartines (piquées sur un couteau qui ne servait qu'à cela) et passées sur la flamme de la gazinière, cette odeur ... hum, cette odeur !!! Avec un peu d'huile et du sel, c'était un vrai festin ! Je le refais, parfois, pour le plaisir de retrouver ces moments bénis !
        Presque plus de saccharine, enfin ! Un peu de sucre, des légumes et des fruits sans se battre pour en obtenir, les marchés reprenaient vie, c'était malgré tout une période faste qui commençait ! 
        L'ambiance est joyeuse, détendue, les papas revenus de la guerre avaient retrouvé leur travail, l'un sa menuiserie, l'autre son entreprise de construction, son fournil, ses outils. Varlopes et burins reprenaient vie, si bien que les loisirs, la détente et le sport étaient appréciés !
        Papa avait ressorti son banjo incrusté de nacre, confectionné de ses mains et relégué dans une penderie durant toute la guerre. Il jouait les airs de l'époque : "Pintor que pintas igesias" ... en regardant ma mère, comme pour la lui dédier, "Te voy hacer unos cazones ..." façon Mariachis, "Si j'étais une cigarette ..." que chantait Jacqueline François ... pas la grand-mère de Claude, non! ce n'était pas géétique !!!
        Et tant d'autres encore qui rythmaient les moments de calme. Les hommes parlaient de tout et de rien, la presse était reine, pas ou peu de radio, mais ... super luxe, nous, nous avions un poste de radio, une TSF !!! 
        Une TSF ramenée d'Alsace, cadeau d'une brave dame qui s'était vue rafistoler meubles bancals et bricoles, par l'armée en campagne ! Ils ont longtemps échangé une correspondance !!!
        La seule TSF pour toute la cour ! L'effervescence montait, car on parlait sport, et Marcel Cerdan revenait souvent dans leurs conversations ! 
        Marcel Cerdan !!! C'était plus que Zidane, l'OM et Noah réunis ! Plus que l'Equipe de France 1998 !!! C'était "The Idole", sans conteste, avec un grand I !!! Et quand je dis ... idole, le terme est faible !!!
        Dans les foyers, il trônait entre les obus en cuivre, bien astiqués, ou sur le mur, en bonne place dans un beau cadre de bois. Nous, nous n'avions pas de cadre, mais entre les obus traditionnels, c'est chez nous qu'il y avait une TSF !!! 
        Plus petite qu'un grille-pain, mais plus trapue, avec ce cadran, dont la petite aiguille oscillait, se fixait ... et là, là !!! La voix ... la musique... l'ouverture sur le monde s'annonçait, prometteuse de nouvelles !!!       
        Ce soir-là, les enfants vont au lit, bizarrement pas trop tôt, (nous dormions avec ma soeur dans la salle à manger)  ... quand vers 3 heurs du matin, je me réveille, et dans la pénombre, j'aperçois le cadran de la TSF allumé ... et huit ou dix têtes autour, presque collées dessus, graves, concentrées, sans mot dire !
        Je distingue mon père, mais effrayée, je cris bêtement :"Papa, papa ! C'est encore la guerre ?" 
        On ne me rassure même pas ... tout juste si on ne me baîllonne pas d'une main rapide ... on écoute surtout ce qui sort du poste !
        Et qu'est-ce qui sort du poste ??? Le Championnat du monde de boxe que Marcel Cerdan dispute contre Tony Zale à New York !
        A l'exploision unanime des exclamations délirantes, je comprends effectivement que ce n'est pas la guerre ... mais qu'ils ont réveillé ma petite soeur scotchée dans le lit, qui se fait pipi dessus de peur ... et moi je n'en suis pas loin ! 
        Et ces grand dadais qui précisent à mon père: "Raphaël ! La réputation des filles, regarde un peu ! Emmène-là au cabinet !!!" Pas du ministre, non ... c'est ainsi que l'on désignait les toilettes !        
        Raphaël ne bouge pas d'un pouce, ne voulant pas rater les rugissements des copains ... et c'est Alice, ma mère, réveillée aussi, qui arrive à la rescousse !
        Café ou anisette ? Ils trinquèrent à la victoire de leur héros ... et à l'Anisette bien sûr ! Ce n'était pas le biscuit apéritif "Tuc à tout heure", mais là ... elle s'imposait : Une Anisette à quatre heures du matin, dans le crachouillis des commentaires du speaker à l'autre bout de l'Amérique, c'était assez original, non ???
        "-Et tu as vu l'uppercut qu'il lui a mis ?  Il ne voyait plus rien l'autre, dis !"
Ils n'ont rien vu du tout ... mais entendu ! Pouvoir de l'imagination ! 
        Du haut de mes petites jambes, j'étais sur une autre planète, et la leur, débordante de fierté, que je comprenais à peine !
        "Alors ? t'es contente ? Heu ... oui, mais qu'est-ce que c'est un uppercut ?"
"Tu veux que je te montre ?" Ma mère: "Génououou, laisse la petiiiite !" Allez vous recoucher un peu ... Ce n'est pas Marcel Cerdan qui peindra ton mur tout à l'heure, vas !!!" 
        La nuit fut courte pour nous, mais le lendemain, c'était une fête sans nom dans cette maisonnée, avec narration du Dieu du Ring, gestuelle à l'appui, et un coup par si et un coup par là, sautillements comme s'ils étaient montés sur ressorts, mimiques, rires et soupirs de joie !!! 
        Son mariage, ses amours, Edith Piaf, et tout ce que l'on connaît de leur histoire se racontait devant une gigantesque "caracolade à la frita", arrosée du vin de la cave de Monsieur Ferrer !!! C'était le 21 septembre 1948 !
        Marcel Cerdan ! En voilà encore un ! S'il n'était pas un Grand d'Espagne, il n'en était pas moins un Dieu vivant, auprès de tous les citoyens de l'Afrique du Nord ! Jeunesse rayonnante, gloire mondiale ... il avait 32 ans ! 
         Cette année-là, bien des bébés s'appelèrent Marcel ... Bel Abbès était au hit parade de la renommée !
        Nous ne nous doutions pas le moind du monde -et pour cause- que cette gloire serait de si courte durée, et que sa disparition serait un deuil national ! 
               Ma génération eut james Dean ... mais ça !!! C'est une autre histoire ...
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La Salpita vagabonde


Elle ne devait rien à Schubert celle-là, surtout dans les eaux chaudes de la Méditerranée ! Mais …  c'était la nôtre !

C'était un dimanche de Pentecôte, pas comme les autres, car le ciel était gris, mais nous ne désarmons pas, et nous partons pique-niquer à quatre, entre rochers et sables blonds, comptant bien voir le ciel se dégager.

 

            Mais pas du tout, le temps en a décidé autrement, malgré nos imprécations véhémentes : «  Oh !!! soleil !! Qu'est-ce qu’il se passe aujourd'hui ? »

 

          Rien n'y fait !!! Pire ! La pluie se met à tomber ; nous nous réfugions sous une avancée de grotte. Serrés tous les quatre autour des victuailles, nous plaisantions, afin de faire passer la pilule (un mauvais temps en Méditerranée  çà n'existe pas) … enfin c'est ce qu'on prétend, fanfarons que nous sommes !

  Des crêpes flambées étaient le dessert prévu : même là, on se plante en beauté: les crêpes s'obstinaient à ne pas flamber ! bien sûr, jeune cuisinière, je ne savais pas qu'il fallait chauffer le rhum, AVANT de le verser sur les crêpes!

 

Tous les quatre, morts de rire, moi, un peu moins quand même ! … Et voilà qu'une éclaircie se précisant, nous allons sur le bord des rochers : un petit banc de poissons arrivant, vite on jette une dernière crêpe pour les appâter, mais le temps de confectionner une palangrotte de fortune avec une ficelle d'emballage, grosse comme un fil électrique et une épingle à nourrice  ( il fallait toujours en avoir une sur soi, nous disaient les grands-mères ! ) en guise d'hameçon, toute cette petite bande argentée s'était éclipsée vite fait bien fait, ne laissant pas même un petit lambeau de crêpe... quand arrive, cahin-caha, une salpa, toute rayée de jaune, comme une salpa, quoi !!!

  "Vite, vite, apportez une tranche de saucisson" nous disent nos deux amoureux ! Imaginez: le fil gros comme un câble, au bout, une épingle à nourrice avec une rondelle de saucisson,  le bout de l'épingle qui dépasse... et la salpa qui s'amène et tourne autour de cet attirail !

Il faut croire qu'elle était un peu bécasse sur les bords, et devait prendre cette rondelle de saucisson pour une pizza pour poissons !!! Ou sortir d'une grève de la faim !!!

Nous, muets, quatre paires d'yeux fixant l'eau transparente, elle, piquant le saucisson !!! 

"Attends, attends, ne tire pas tout de suite, là..., là ...vas-y !"

  Et dans la lumière du soleil, apparaît la salpita frétillante, l'épingle à nourrice dans une ouïe!

Les garçons contents de l'exploit, les filles pas fières du tout du trophée !!!  

  On supplie: "Jetez-là dans l'eau, vite, vite, elle va mourir !!!"

     " Hé! Vous croyiez qu'elle allait faire la danse du ventre où quoi ?"Jette-la je te dis, bourricot !!!"

         Vous me croirez si vous voulez, une fois dans l'eau, la salpa ne piqua pas du nez, ne se coucha pas sur le côté comme un poisson mort, elle fila... et nous sommes restés là, avec le bleu azur dans les yeux, les rayures s'étant fondues dans la masse d'eau.

Ils ont bien réessayé avec du pâté, nos amoureux ... mais sans succès !!!

      J'entends encore le rire d'André, la tête renversée vers le ciel !!!  Laurence et Christian, vous en souvenez-vous ???

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LE RADIO CROCHET
 

 

Dans nos fameuses soirées où l’on «  prenait le frais » après le  dîner, (chez nous, on dit le souper), il arrivait  parfois, d’improviser un Radio-crochet ! Belle démonstration de gaieté  toute simple, rieuse, moqueuse aussi, selon les moments !

 

        Et dans ce parterre, nous avions notre Luis Mariano local ! Il était…comment dire…pas vraiment simplet,  pas le Ravi provençal non plus,  pas une case en moins,…mais pas fini pour autant !!! C’était un personnage !!!

 

        Les chanteurs de l’époque, étaient Tino Rossi et sa Marinella, rumba très soft … à peine un déhanchement  arthrosique !  Georges Guétary  avec La vie est un Carnaval, samba un peu « gay » !

            Dario Moreno avec « On l’appelle la Marmiteuu », samba bariolée et yeux écarquillés, Henri Jenès et sa Tantina dé Burgos, pastiche familial et…Luis Mariano, avec sa kyrielle de chansons d’opérettes !!!…Il y avait donc du grain à moudre pour notre héros !

        Tout    d’abord, on s’installait avec quelques instruments de fortune, disons plutôt des « instruments à faire du bruit » !!!

        Jojo, avec un couteau qui tapait sur une bouteille en verre…Jean-Claude à l’harmonica, grand luxe… les petits (Roger, Huguette, Annie, Christian et les autres), avec des baguettes de bois, où cliquetaient des capsules de limonade, savamment clouées, de façon à imiter le tambourin ! …et le retardataire retournait chercher trois cuillères ! Tenues par les manches, dos à dos, la troisième glissant entre les deux, le plus rapidement possible, faisait un bruit indéfinissable !

 Le « Catcharoulos Boys » était en place !!!

 

        Un ou deux concurrents s’essayent  à fredonner quelques notes… puis, Mandou qui entonne « La vie est un carnaval… » et les autres faisaient la chenille, dans une chorégraphie  approximative, en agitant les capsules-tambourins, les tout-petits, remuant leur derrière comme les canards !!!

           On se calmait avec la Tantina dé Burgos : «  Lo padré, la madré, los doce tchiquitinas, el onclé, la tanta, oune armée dé cousinas, yo solo, travailla, pour que fasse la noce, avec lo quatré gosses …et la tantina dé Burgos, Oolé !!!

        Puis, on réclamait notre Luis Mariano local : « Gil-bert, Gil-bert !!! vas-y ! chante-nous Mexico » …  et vous allez savoir pourquoi !!!

Déjà, il arrivait… la coupe-banane gominée, la chemise blanche bien ouverte, manches à peine retroussées …sauf la coupe, l’ancêtre de Bernard Henry Lévy !!!

        « Alors, Gilbert, tu  chantes ce soir ? »  Il ne se faisait pas trop prié, juste un peu, quelquefois, prétendait être fatigué ! Il travaillait …pas beaucoup …il travaillait  surtout sa voix !

        Sur nos conseils espiègles,  se gargarisait au jaune d’œuf, tous les matins (on aurait pu lui faire avaler n’importe quoi…pourvu d’améliorer son timbre de voix !)

        Là, il posait son chien sur le trottoir, un de ces petit rockets noir et blanc à queue en panache, surnommé Mickey !!!… Il avait dû tomber… dans ses rares lectures, sur un des premiers « Journal de Mickey »…et…avec lui, sorti tout droit des « Pieds Nickelés » …ça faisait la paire !!!

        Prenant la pose, il commençait : « La vie… est là,  qui-vous-prend-par-lebras, Oh la la la ! c’est magnifiqueu »

        Nous : « Non, non, on veut  Mexico !!! » Et il démarrait au quart de tour ! « On a chanté les Parisiennes, leur petit nez et leur chapeau, …on a chanté les Madrilènes, qui vont aux arènes pour le toréro…Venait le refrain : « Mexicoo… ..Mexi-ii… » avec l’ensemble des capsules qui s’emballait !

       Arrivé là, le chien se mettait à hurler : Ouahououou…lui stoppait en criant : «  A la casa, Mickey », l’accent tonique sur le Mi de Mickey… reprenait, « sous le soleil qui chante- iii. »….le chien « Ouahououou… ». A ce degré-là, la tessiture de sa voix devait faire vibrer les poils internes des oreilles de Mickey, comme un TGV dans un tunnel !

      … Et si nous voulions entendre le mot Mexico en entier, il fallait museler le Mickey, dans une grande main ferme, et pliés en deux, on étouffait tous de rire ! Malgré ça, il pétillait de joie, le Gilbert !!!

 

        Gilbert, Gilbert ! C’était de la tendresse moqueuse sans plus. Sans toi, le radio-crochet perdait de son intérêt ! Que de moments de rires, tu nous a donnés…et comme finit ta chanson : « Le temps paraît trop court, pour goûter au bonheur de chaque jour »…   Ce temps-là était vraiment trop court… et… si la Star- Ac avait existé, nous ne t’aurions pas laissé partir !… ça va pas, non !!!

        TF1 ne produira jamais un « Mexico-A la casa Mickey » de cette envergure-là !  Il est à nous,…et même avec des droits d’auteur de star, nous ne le céderions pas pour un empire !!! Il restera à nous… à jamais !!!     

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La cour de la solidarité...
 
Les cours lieux de vie incomparables …il y en avait bien d’autres, aussi semblables dans les grandes villes !!!… C’était probablement « culturel » !!!     Et des cours… en veux-tu, en voilà !!!

         Cinq ou six appartements s’articulaient autour d’un patio à l’espagnol, …sauf qu’il n’y avait pas de fontaine avec un jet d’eau gazouillant  au milieu… ni de jolies andalouses aux robes  à grands volants tourbillonnants !!!        

   En revanche, quelle merveille d’entente et de cohabitation…souvent animée la cohabitation, c’est vrai !!!….et quand je dis animée… Il revient à ma mémoire, un souvenir familier …

      Dans ces cours-là, c’était quelque part, LA cour des miracles, avec des gens fabuleux … et vous allez savoir pourquoi !!!

      Ceci… c’est pour toi, Henriette, qui nous a quittés, il y a peu !

  Je n’oublierai jamais ta générosité tranquille, silencieuse, celle qui console et qui partage, sans esbroufe !!!

     Les habitants de ces cours-là, sortaient de la guerre, avec les privations qu’elles engendraient  encore ! 1947-48… les tickets de rationnement tenaient encore le haut du pavé, pour les denrées de base !!!  Et le lait en faisait partie !      

         Me voilà désignée, pour aller chercher le lait, à deux rues de chez moi.

  Partie, en sautillant, comme tous les enfants du monde,  avec le pot- au- lait en fer blanc, cabossé,

- il avait fait la guerre celui-là… c’est le cas de le dire !!!  - avec des 

bosses et des creux de partout, la poignée de bois patinée à souhait !

        La distribution  se faisait dans une cour (encore une) chez  madame Alcaraz, la laitière, où étaient amenés les grands bidons de lait,  de la campagne toute proche.

         Agglutinés devant le porche, on attendait là, de longs moments, et … lorsque les portes s’ouvraient, c’était une cohue peu contrôlée, la plupart des  enfants de mon âge se bousculaient à qui mieux- mieux !!!

        Enfin, j’obtiens ma ration de lait  (trois-quarts de litre pour trois adultes et deux enfants ! On n’allait pas s’étouffer avec, ni se nettoyer la peau du visage non plus !!!)

        Puis, je me fraye un passage, et cette fois-là, dans la bousculade, je tombe à genoux, tentant vainement de préserver mon pot de lait.

        Mais patatras,… le lait se répand sur le trottoir… je vois ce précieux liquide blanc s’étaler dans le caniveau  – j’ai la sensation que je vais mourir là, sur place… de désespoir ! -

        J’ai les genoux en sang et je ne le sens même pas !

        Et je reviens chez moi, avec à peine un quart de litre de lait,  mais avec un  pavé sur l’estomac !!!        Entre deux sanglots, je pense à ma mère, et au savon que je vais recevoir, qui sera pire qu’une raclée !!!

        L’humiliation de la décevoir est insupportable. Je sais que, m’expliquer ne servira à rien, mais je le fais quand même !

        Ma mère est hystérique : elle fume par les oreilles, presque autant que le Pic de Dante !!! C’est qu il y a une petite sœur de 5 ans après moi, Gisèle !!!

        Toute la cour est vite au courant de l’événement, forcément, portes et fenêtres sont toujours ouvertes !!!

        Là, une longue litanie  s’effiloche : « Arlette a renversé le lait…Arlette a renversé le lait…aïe aïe aïe,  la gosse a perdu le lait…»  la catastrophe dans le microcosme !!!

         La désolation totale dans la Cour !!!  C’est qu’il n’y avait aucune autre alternative !

        Consternation, chuchotements… et là … Henriette fait le silence en disant : « Ne t’inquiète pas Alice ! » (c’est ma mère !) Elle disparaît, et revient …avec un petit verre de lait… suivie par les quatre autres mamans en tabliers… chacune avec un verre de lait dans les mains, en prenant bien garde de ne rien renverser, vous pensez !!!

        Ce jour-là, Henriette m’est apparue comme la fée Clochette ;  j’ai ressenti une immense reconnaissance pour ce petit monde, qui entourait ma vie de petite fille, ce petit peuple au grand cœur… sans savoir que, … ce qu’elles venaient de faire ces femmes-là,… s’appelait… la solidarité !!!

        Depuis… je ne supporte plus un enfant qui sanglote…pas qui pleure non … qui sanglote !

 Vous savez bien, avec ces  « llantos » inimitables qui partent du sternum !!!

          Et… c’est souvent, que je m’attarde, devant les immenses clayettes de packs de lait   dans les grandes surfaces », où…parmi eux…parfois …  ce vieux pot -au-lait  apparaît, surréaliste, dans une brume légère à la David Hamilton !

        Il ne me nargue pas, non, non … il me murmure :

« Tu n’en manqueras plus jamais …de lait !!! »
Textes d'Ax

 

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Musiques...

Espagne pays de charme......

DIAPORAMA [ 1 clik sur l'imagette ]
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S'il est un lieu qui a charmé mon cœur

C'est bien celui-ci... l' Espagne .
Quand je pense à lui tout chante et m'enchante.
La chaleur du temps m'envahit,
Qand le ciel bleu déborde de soleil.

Mon âme s'attendrit quand la musique
Des vagues monte jusqu'à mon lit,
Ou à l'unisson d'une respiration
Le sommeil et les rêves ne font qu'un.
Le reflet de la lune souriante sur une mer calme,

Apaise mon cœur qui ne bat que pour elle.
Du lever de l'astre du jour,
Qui fait briller de milliers de perles
L'Est argenté de cette grande bleue ;
Au midi espagnol sonnant dans un ciel azuré,
Ou danse quelques petits flocons blancs.
Une couleur turquoise à l'horizon marine,
Ou filent toutes voiles dehors quelques bateaux.
Ce pays -çi trouble mon âme,
Et mon émoi se pare d'un sentiment étrange.
A chaque regard la chamade galopante du tic tac de mon cœur,
Appréciant et aimant ces paysages baignés de soleil.
Ou le partage de ces jours passés,
De promenades aux bordures de plage aux sables dorés.
Passantes sans soucis sur les petits ponts de bois,

Profitant d'une halte à l'ombre des grands pins.
Ce pays- çi à pris mon cœur et mon âme,
Mettant mes sentiments en batailles chaleureuses.
Sourires chantant aux lèvres ourlées,
De chansons aux paroles évocatrices,
Quando Quando Quando Quando Quando Quando { Musique }
<<Dimmi quando tu verrai...
dimmi quando, quando, quando...
l'anno, il giorno e l'ora in cui
forse tu mi bacerai...>>
Ce pays- là restera dans mon cœur
Pour toujours et à jamais.
Texte de Paulinette49

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  La feuille éphémère de Paulinette...
& aussi vers -> Un été pas comme les autres... Un été pas comme les autres...
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El mal y su dolor...

Con la fuerza de un ciclón me rasguña el corazón
Malévolo, malévolo que este amor
Grito! Y grito aún. Mal! Me hace así mal
¿Qué hace? ¿Y por qué?
Te vi, y no me observa
Con la fuerza de una tormenta, ti me bringuebale
Y me voy de borde a estribor, a sacud por la marejada
Malévolo, malévolo que este amor
¡Yo llanto! ¡ y llanto ! Mis lágrimas agranda las olas y no me ahogan
De la proa desgastado a la popa, tu cuchilla de fondo me rasga el cuerpo
Grito! Y grito aún. Mal! Me hace así mal
¿Qué hace? ¿Y por qué?
Te vi, y no me observa
Como un tsunami, en mi corazón, tiene rumbo
Malévolo, malévolo que este amor
Yo llanto! ¡ y llanto ! mis lágrimas poco retener
Grito ! Y grito aún. Mal ! Me hace así mal
¿Qué hace? ¿Y por qué?
Te vi, y no me observa
Mal! Tengo así mal de querrerte, y ti no me vías
Por qué? el amor hace mal. 
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